Le phosphatidyléthanol (PETH)

À l’intention des Usagers

Il existe un marqueur qui révèle les quantités d’alcool rencontrées par vos cellules dans les semaines qui précèdent. Une goutte de sang est suffisante. Vous pouvez faire ce test, chez vous, confidentiellement. Pour vous même, pour vos proches, vous saurez. La Santé se Mesure, sera à vos côtés à toutes les étapes.
Quand les membranes des cellules rencontrent de l’alcool à la place de l’eau, elles produisent un élément anormal, le phosphatidyléthanol (PETH). Le phosphatidyléthanol est une transformation des acides gras qui composent les membranes. Le PETH se retrouve dans toutes les membranes, des neurones, du foie, des muscles, des globules rouges, des plaquettes, des lymphocytes… Sur les membranes des globules rouges, les phosphatidyléthanols persistent 3 à 4 semaines. Ces membranes gardent la trace des consommations passées. Les globules rouges (aussi appelés hématies ou érythrocytes) se recyclent rapidement, on ne retrouve plus de traces au bout de quatre semaines sans alcool.
L’alcool induit de nombreuses transformations dans l’organisme. Les effets directs de l’alcool durent quelques heures. Les effets indirects durent des jours et des semaines, le PETH en fait partie. Toutes les cellules sont exposées. On constate que l’alcool augmente la fréquence et les complications de nombreuses maladies (diabète, hypertension, accidents vasculaires, cancers), on ne peut toutefois pas encore expliquer la mécanique biologique de ces complications, le PETH est une piste importante. On pensait que les changements de comportement des cellules étaient liés à l’effet soluble de l’alcool sur les lipides des membranes. Dans les années 80, on a découvert des acides gras anormaux : les phosphatidyléthanols. 48 formes de phosphatidyléthanols ont été identifiées, dans les membranes externes ou internes, des organites ou du noyau. On retrouve le PETH dans toutes les cellules, les neurones, les muscles, le cœur, les globules rouges… Les membranes cellulaires sont des structures biologiques très actives, formées essentiellement d’acides gras, et de quelques protéines, elles protègent et communiquent. Les PETHs se produisent quand l’alcool rencontre la phosphatidylcholine, une molécule au centre de la chimie de l’énergie, de la protection et des messagers cellulaire. L’organisme répare, nettoie, élimine les composés anormaux. Ces réparations demandent des apports alimentaires de qualité et de l’eau. Les vitamines sont des matériaux et des catalyseurs de la construction cellulaire. Envisagez de regarder la nourriture comme matériel de construction de votre corps. Il y a des matériaux meilleurs que d’autres. L’alcool apparaît avec les phosphatidyléthanols comme un anti-vitamine ou un anti-nutriment.
Les consommations d’alcool ont trois côtés : un côté social, un côté psychique, un côté physique. Commençons par le plus simple, le côté physique, l’alcool consommé a un effet très rapide sur les cellules, toutes les cellules, ce qui ne permet pas vraiment au consommateur d’avoir conscience des effets de l’alcool. L’alcool modifie la perception de la peau, autant que des oreilles, des yeux ou du goût. La consommation d’alcool ressemble à un bain dans une mer chaude, les remous sont autant dehors que dedans. L’alcool éloigne du vrai monde. Nous n’irons pas jusqu’à raconter que nous avons tous le souvenir de ce bain délicieux quand nous étions dans le ventre de notre mère ! A force d’écouter les personnes qui reviennent trop souvent aux consommations d’alcool, c’est une certitude, le souvenir du bonheur de ce bain dans le ventre maternel est toujours présent, puissant, irrésistible. Le côté social pourrait bien être une déclinaison du souvenir de ce bain et de ces remous. La naissance est à la fois séparation et réunion. Séparation de la mère, quitter le ventre, quitter l’univers où le corps s’est formé, les rythmes de ce ventre, du souffle maternel. La naissance est la rencontre avec les autres, les parents, les proches. Nous passons tous par la même expérience. Les repas, les consommations d’alcool sont des sortes de rituels pour se rapprocher, revenir dans le bain initial. L’alcool augmente l’illusion. Cette même illusion est inscrite sur les bouteilles, le consommateur y croit. Le côté social est une grande pression, une immense pression, de ce que l’on doit être, de l’environnement et de soi-même. Cette pression évolue par étape de l’enfance, à l’adolescence, à l’âge adulte, elle s’inverse. La société de consommation presse à consommer, à exciter les besoins. L’addiction, la dépendance, sont des pressions, un passage du social, au psychologique, au physique. La pression sociale prend corps. Que dire du côté psychologique, maintenant…, au moins que nous sommes d’abord et avant tout faits de psychologie. Nous avons faim, ou soif, des données physiques, ce que nous allons boire ou manger, seront des données culturelles, composés des psychologies des voisins, de la famille, des ancêtres et de l’épicerie proche, des producteurs et des marchands. La psychologie est une forme d’emballage et de langage. Comme un costume, conditionné par l’extérieur, trop grand, trop petit, source de conflit et de questions. La psychologie est une tension, la consommation d’alcool une dilution. Ce qui permet de réguler les consommations, c’est la capacité à prendre de la distance, autant de dimensions physique que sociale et surtout psychique. La réalité de ce que nous sommes est consciente de ces aspects, elle en est libre.
Il y a deux formes de maladies liées aux consommations d’alcool, celles liées aux effets directs et celles liées aux conséquences des perturbations du métabolisme. Directes, c’est l’action de l’alcool sur les neurones. L’alcool modifie les perceptions et les pensées. Les conséquences sont les troubles du comportement, l’accident, les actes ou les mots inappropriés aux situations, la dépendance (l’illusion de la solution au fond de la bouteille), l’incapacité à s’arrêter, le coma. Indirectes, les phosphatidyléthanols en sont un début d’explication, les atteintes des muscles des artères et du cœur, les maladies cardiovasculaires, sont augmentées à partir de un verre par jour, ce sont ensuite les cancers, l’alcool perturbe les mécanismes de réparation des chromosomes. Le foie est une énorme centrale métabolique, les hépatocytes sont chargés de conditionner et distribuer la nourriture et de recycler. Ces cellules sont des usines enzymatiques, les biens connus Gamma GT, SGOT, SGPT servent à découper les protéines en acides aminés. Quand ces enzymes augmentent dans le sang c’est que les hépatocytes sont détruits en grand nombre. L’alcool détruit les membranes. Le foie a aussi de grande capacité à se régénérer, s’il reçoit une nourriture constructive (la cirrhose, est le remplacement des cellules hépatiques par du tissu fibreux, non fonctionnel). L’alcool doit être prohibé pendant la grossesse. L’alcool passe très vite dans le liquide amniotique qui nourrit le futur-né, le cerveau, les neurones en formation sont fragiles, la formation de phosphatidyléthanols aura des conséquences dramatiques. Dans ces cas, les atteintes de l’alcool apparaitront plus tard.
Il n’existe pas de génétique de la consommation excessive d’alcool ! Il existe une pression et une conviction sociale (des croyances et des habitudes) sur les effets psychologiques de l’alcool : « l’alcool indispensable à la fête ». Cette conviction met le bonheur dans la consommation d’alcool où il n’y a qu’oubli. L’alcool n’est pas un aliment. L’alcool, maladie sociale ? Une hypothèse à envisager sérieusement. Nous sommes des êtres sociaux, nous avons besoin de protections et de cadres pour grandir, devenir humain. Nous avons autant besoin de séparation que de réunion. Besoin de s’identifier en tant que personne, différencié du groupe ou des parents. Les tensions et les conflits sont nécessaires. L’alcool donne l’illusion d’une communion, trop souvent une union illusoire, noyée dans l’ivresse. Consommer de la nourriture est une réunion sociale. Même manger seul est une réunion avec la nourriture, les produits de la terre et des producteurs de cette nourriture. Les consommations d’alcool ont des effets très différents des autres aliments…
Pour connaître le niveau du phosphatidyléthanol (PETH) qui vous concerne, ou celui de vos proches, deux gouttes de sang suffisent. Le dispositif de prélèvement permet de recueillir une quantité très précise. Ces échantillons secs sont envoyés au laboratoire. Les résultats vous reviennent dans la semaine suivante. Lors de votre commande, vous recevrez les détails de l’emploi du kit de prélèvement. Vous serez surpris de la simplicité ! Quelques règles sont évidemment à suivre. Votre commande est un engagement dans ce sens. La mesure du PETH se fait sur les membranes des hématies. Le laboratoire est équipé de technologies de mesures des molécules. Les échantillons secs sont solubilisés, dilués, passent dans un tube, sous des pressions très élevées, pour trier les molécules (chromatographie liquide) puis dans un chalumeau à très haute température (spectrophotomètre de masse). C’est la couleur de la combustion qui identifie les molécules et mesure la quantité.
Les résultats sont exprimés en nanogramme par millilitre de phosphatidyléthanol. Les consommations en Europe sont exprimées en « verre », qui correspondent à 10 grammes d’alcool, on peut aussi dire « Unité Alcool (UA). La consommation d’un ou deux verres de vin par jour, ou pas tous les jours, ou 4 verres le weekend, donne un résultat autour de 20 nanogrammes (nL/ml) de phosphatidyléthanol. 200 nL/ml de phosphatidyléthanol, correspond à une consommation de 3 verres jour ou plus de 7 verres une fois par semaine. 800 nL/ml de phosphatidyléthanol, révèle des consommation de 4 verres jour ou davantage plusieurs fois dans la semaine. Des valeurs plus importantes de phosphatidyléthanol se rencontrent. A ce jour, la formation des phosphatidyléthanols est parfaitement spécifique des consommations d’alcool. Aucune autre substance ou maladie ne fait apparaître de phosphatidyléthanols, ni l’usage d’alcool sur la peau comme désinfectant ou parfums.